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vendredi 21 juin 2019

Un califat à l'agonie

La semaine dernière, j'ai participé à un congrès à Lisbonne où mes collègues et moi avons évoqué le terrorisme, et en particulier des récents attentats qui se sont déroulées à l'échelle du globe. Et j'ai été étonné de voir que certains voyaient le danger comme de pire en pire ces dernières semaines. Car à mes yeux, le terrorisme est à la peine. Pourquoi ? Parce que les derniers attentats deviennent amateurs. Ceux qui agissent ou veulent agir ne sont plus des soldats expérimentés, susceptibles de organiser des attaques complexes comme celles du Bataclan. Depuis peu, ce sont des individus récemment radicalisées depuis peu et n'ont pas l'once d'une formation là-dedans, qui veulent commettre une attaque. Il s'agit le plus souvent de jeunes à la ramasse qui veulent en finir et sautent sur la mode terroriste. Evidemment, cela pose problème. J'ai conscience qu'avec l'arrivée deces imbéciles, le nombre d'ennemis explose : il n'est plus obligatoire de partir en Syrie et de s'entraîner des mois durant pour passer à l'acte ; n'importe quel crétin peut être candidat. Mais leur manque d'expérience fait qu'ils sont plus faciles à déjouer. Mais surtout, cela montre par dessus tout que le le califat d'Abou Bakr al-Baghdadi régresse clairement mourant, au point d'en être réduit à s'appuyer sur de simples bleus. Et selon moi, c'est vraiment un excellent présage pour la suite. L'EI va continuer à sévir, mais selon moi, son quart d'heure de gloire est terminé. En tout cas, ce meeting à Lisbonne a été une réussite de A à Z. J'en profite pour vous mettre en lien l'agence qui l'a proposé, si ça vous intéresse. Retrouvez toutes les infos sur ce séminaire entreprise à Lisbonne en suivant le lien.

dimanche 9 octobre 2016

La sécurité ne fait pas tout contre le terrorisme

Selon Bernard Bajolet, le patron de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), et Patrick Calvar, celui de la Direction générale de la sécurité intérieure, il n’y a pas « l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette » entre leurs deux services. En tout cas, ils l’ont démontré dans les analyses qu’ils ont livrées aux sénateurs de la commission des Affaires étrangères et des Forces armées, lors de leur audition commune, le 17 février. L’une d’entre-elles est que l’Europe fera « sans nul doute face à d’autres attentats » comme ceux du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis et que la « France reste en première ligne » face à la menace jihadiste. À ce propos, une confidence faite par Patrick Calvar, en fin d’audition, fait froid dans le dos. Confirmant l’interpellation, à Salzbourg (Autriche) de deux proches des auteurs des attentats de Paris, le patron de la DGSI a affirmé disposer « d’informations faisant état de la présence de commandos sur le sol européen, dont nous ignorons la localisation et l’objectif. » En outre, l’État islamique n’est pas la seule organisation à vouloir s’en prendre à la France…. Il y a aussi, a rappelé le paron de la DGSI, al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA). Selon lui, cette menace « pèse aussi sur d’autres pays » et elle est « de nature à déstabiliser notre société. » Aussi, a-t-il assuré, « nous surveillons aussi des groupes extrémistes à l’opposé du spectre, qui n’attendent que de nouveaux actes terroristes pour engager une confrontation violente. » Une autre analyse commune à MM. Bajolet et Calvar est que la réponse sécuritaire ne peut, à elle seule, régler le problème du terrorisme. « Je suis convaincu, à titre personnel, que la réponse sécuritaire n’est que partielle et ne résoudra pas le phénomène. Pourquoi une fille de 15 ans quitte-t-elle notre territoire pour la Syrie alors que rien ne la destine à ce destin macabre ? Pourquoi un garçon du même âge issu d’un milieu kurde, non islamisé, tente-t-il d’assassiner un enseignant juif à Marseille ? C’est une question pour notre société », a en effet estimé le directeur de la DGSI. « Une partie – certes infime – de la jeunesse est secouée par une crise profonde. La revendication filmée des attentats produite par Daesh, terrible, insoutenable, montre des individus déshumanisés, revenus à l’état d’animaux. Si nous les interceptons, qu’allons-nous en faire ? Faut-il les maintenir en prison à vie ? », s’est encore interrogé M. Calvar. « Il y a là un problème psychiatrique, et un enjeu de protection pour la société », a-t-il ajouté.