mardi 27 octobre 2015

Aux USA, on parle espagnol

Le Mexique est toujours le premier pays hispanophone au monde mais les États-Unis ne devraient pas tarder à lui prendre sa place. 52.988.755 personnes parlent espagnol aux États-Unis. C’est la langue maternelle de 41,3 millions d’entre eux. Quant aux 11,6 millions restants, ce sont des résidents américains bilingues, principalement des enfants d'immigrants. Le dernier rapport de l'Institut Cervantes est formel: les États-Unis comptent désormais plus de locuteurs hispanophones que l'Espagne, où ils sont 47 millions. Et ces chiffres devraient encore augmenter. En 2050, les États-Unis seront le premier pays hispanophone au monde, avec 138 millions de locuteurs, devant le Mexique, en haut du podium aujourd'hui avec 121 millions d’hispanophones. Rien de surprenant à cela. La communauté hispanique y est traditionnement importante. La plupart des hispaniques sont d'origine mexicaine, pays frontalier, ou viennent de divers pays d'Amérique latine ou du Sud. Attention néanmoins: les Espagnols pourraient se faire rafler la place par la communauté asiatique, en pleine expansion elle aussi aux États-Unis. L'espagnol reste d'ailleurs aujourd'hui la deuxième langue maternelle au monde après le chinois mandarin.

dimanche 2 août 2015

Piloter un avion

Peut-on piloter un avion sans avoir la moindre compétence ? Oui, c'est possible. Et si vous en doutez, j'en suis le plus parfait exemple : c'est ce que j'ai fait mercredi dernier. Ce n'était bien sûr pas un gros avion de ligne mais un appareil de dimensions plus modestes : un Piper, de son doux nom. Mais je trouve que c'est déjà pas mal pour un galop d'essai. Ca s'est passé à l'aéroport de La Vèze, dans le Doubs, et j'ai bien apprécié l'expérience. Avant ce jour, un peu comme tout le monde, j'imagine, je redoutais la difficulté d'un tel baptême. Mais en fait, piloter un petit appareil est vraiment à la portée de tous. Les 2 moments les plus impressionnants restent évidemment le décollage et l’atterrissage. Mais pour le reste, c'est un instant d'exaltation suprême. Et le décollage n'est pas aussi terrifiant qu'on peut le croire, en fait (comparé au décollage d’un gros appareil, on peut même dire que ça se fait plus tranquillement). Et même si l'on stresse un peu dans ces moments, on en prend aussi plein les yeux. Le vol se segmente en plusieurs étapes. Pour commencer, il y a la préparation : parce que bien sûr, on ne prend pas l'avion comme on prend sa trottinette. Avant de prendre la tangente, il faut donc commencer par analyser son plan de vol, s’équiper, contrôler l'aspect extérieur de l'appareil, et exécuter les différents check-up avant même de découvrir le cockpit. Ca ne plaisante pas, niveau sécurité (il faut dire qu'en cas de problème une fois là-haut, c'est un peu plus grave qu'un pneu de voiture qui crève sur autoroute, n'est-ce pas ?). Pour ma part, le meilleur de l'expérience aura résidé dans le pilotage en lui-même : j'ai été surpris par l'utilisation des commandes, qui est incroyablement agréable. Le manche à balai est très réactif et maniable. On ressent le vent qui ballotte l'avion et il faut sans cesse corriger sa trajectoire par de micro-ajustements (on apprend vite à ne pas faire des gestes trop brusques). Quand on incline l'avion, on a presque l’impression de lutter contre le vent ! Même si ça ne paraît rien, présenté comme ça, c’est une expérience assez unique. L'avion, le vent, soi, et rien d'autre ! Même les paroles de l'instructeur finissent par s'effacer, tout concentré qu'on est sur le fait de faire atterrir. Bref, c'est une expérience formidable que je vous invite à vivre. Si cela vous intéresse, je vous laisse le lien vers le prestataire de cette initiation au pilotage d’avion à Besançon.


Interdire Gossip ?

Nos amis de Rue89 Strasbourg décrivent les ravages faits par Gossip – cette appli mobile qui permettait de poster des ragots de manière anonyme avant d’être suspendue – parmi les lycéens du collège épiscopal Saint-Étienne de Strasbourg. Une élève de terminale témoigne : « Un problème que j’avais avec une fille du lycée concernant un garçon a été divulgué à travers Gossip. En quelques secondes, tout mon lycée était au courant que cette fille avait eu des rapports sexuels avec un garçon que j’aimais bien. Très peu de personnes de mon entourage étaient au courant de cette histoire [...]. On m’a même traitée de nymphomane, je n’ai pas compris ce qui m’arrivait ni pourquoi j’en étais la cible. J’ai toujours été très discrète sur ma vie personnelle, je n’ai jamais cherché à avoir ce genre de commentaires. » Un autre élève décrit l’évolution de l’atmosphère de l’établissement : « On a commencé à sentir la trahison autour de nous, cela a créé une sorte de méfiance perverse, le climat dans l’établissement s’est détérioré en à peine quelques jours. [...] La moitié des gens se sont mis à télécharger l’application, tout le monde a été mis au courant très vite des potins qui visaient particulièrement les classes de terminale. C’est le côté anonyme qui est horrible, c’était gratuit, lâche, ça a été utilisé comme un défouloir. »

Mathieu Gallet aussi

Décidemment, Mathieu Gallet cumule les déconvenues. Après l'affaire du bureau de Radio France et la grève des salariés, voici que l'INA montre le bout de son nez. Une enquête préliminaire a été lancée à son encontre pour "favoritisme", par le parquet de Créteil. Sont visés des contrats passés entre 2010 et 2014, période à laquelle il présidait l'Institut national de l'audiovisuel. C'est le ministère de la Culture qui a transmis à la justice "une série d'éléments (...) susceptibles d'être irréguliers au regard des règles encadrant l'attribution des marchés publics." C'est donc la deuxième enquête ouverte sur le fonctionnement de l'INA, après celle sur les factures de taxi d'Agnès Saal qui a succédé (brièvement) à Mathieu Gallet à la tête de l'institution.

jeudi 7 mai 2015

J'aime le Parc de Saint-Cloud

On a beau vivre à Paris depuis des années, il reste toujours des choses à découvrir. C'est lors d'un séminaire dans les Hauts-de-Seine que j'ai ainsi découvert le parc de Saint-Cloud, un lieu magnifique d'où l'on a une vue imprenable sur la capitale. Ce parc est une curiosité pour le visiteur, mais a également une histoire fort intéressante, qui représente bien la folie de l'époque. Le parc de Saint-Cloud est en effet un défi que Monsieur, frère du roi Louis XIV, lança à André Le Nôtre. Le terrain est accidenté, très en pente, une colline impraticable. Le génial jardinier relève le défi et fait un nouveau chef-d’œuvre sur 460 hectares. Le lieu est un régal pour tous les amateurs de nature. On y trouve une forêt, où de petits sentiers serpentent qui donnent l’impression de pouvoir se perdre. De longues allées ombragées se rejoignent en éventail, en étoile, sont parfois bordées de contre-allées, ce qui rend l’ensemble plus majestueux encore. Les arbres s’ordonnent en bosquets, soulignent des perspectives, puis laissent place à de larges tapis verts. La promenade est extraordinaire, sereine et grandiose. La beauté du lieu apaise vraiment. On croise les statues des dieux de l’Olympe au grand complet et un incroyable bestiaire de pierre. Des eaux dorment paisiblement dans des bassins au milieu de la végétation. L’eau bondit de vasque en vasque à la Grande Cascade. Une splendeur monumentale par sa taille, la puissance de la chute sur deux cents mètres, qui en fait un superbe théâtre de cristal jaillissant pour s’étendre en une immense nappe qui s’immobilise en miroir. Sublime. Du sobre ordonnancement de topiaires d’ifs, marque l’emplacement du château disparu en 1870, la perspective s’ouvre à perte de vue vers les bois. Depuis la terrasse des Orangers, Paris anime l’horizon ; de quelque côté qu'on se tourne, on a le souffle coupé. Je suis resté l'après-midi entier sur le site, sidéré qu'un tel lieu existe aussi près de la capitale. Nombre de ceux qui l'arpentent ne se rendent probablement pas compte de la difficulté technique que représentait un tel parc. Mais c'est un véritable chef-d’œuvre qu'a conçu là Le Nôtre. Si le séminaire était intéressant à suivre, c'est de loin la visite du parc qui m'a le plus marqué ! Pour ceux à qui cela donne des envies, je vous laisse le lien vers l’organisateur de notre séminaire à Paris: http://www.agence-seminaire.fr/seminaires-france/agence-seminaire-ile-de-france/agence-seminaire-a-paris/


Hollande ou la technique du placébo

A défaut de pouvoir présenter un bilan flatteur sur ses trois années au pouvoir ou d’annoncer des réformes structurelles, François Hollande a fait, dans le Supplément de Canal Plus du 19 avril, ce qu’il sait encore le mieux faire : ouvrir le robinet à promesses sans se soucier de leur coût. Le président de la République s’est adressé à « toutes les personnes qui sont dans les petits boulots, l’intérim, le temps partiel », âgés de 18 à 25 ans, en leur annonçant « une prime supplémentaire pour que ça puisse être avantageux de travailler, de continuer à travailler ». Ce surcroît d’argent (100 à 200 euros par mois) leur garantit du pouvoir d’achat supplémentaire… ce dont on ne pourrait que se féliciter s’il provenait de leur travail ; or il sera financé par toujours plus de dépense publique. Pour accroître l’incitation à travailler, François Hollande propose en fait d’élargir à un peu plus d’un million de jeunes la future prime d’activité ; elle naîtra de la fusion, à partir du 1er janvier 2016, de la prime pour l’emploi et du RSA activité. Au total, 5 à 6 millions d’actifs gagnant moins de 1 400 euros par mois la percevront. Montant de cette mesure : 4 milliards d’euros par an, alors que les caisses de l’État sont vides. Ce chiffre pourrait être plus élevé en incluant les apprentis et les étudiants salariés. Plutôt que s’attaquer aux racines de ce mal qu’est le chômage, François Hollande, attaché à la doxa socialiste, faite de solidarité à sens unique, persiste à prescrire des médicaments dont il sait parfaitement qu’ils sont sans effet. La prime pour l’emploi et le RSA ont montré leurs limites. Pourtant, d’autres traitements simplissimes existent. Citons-en juste deux. La disparition des seuils sociaux dont tout le monde reconnaît qu’ils sont des freins à l’embauche. Il y a aussi le retour de la dégressivité des allocations de chômage. Des expériences menées en Europe, mais aussi en France, ont montré que les chômeurs retrouvaient d’autant plus vite du travail que leurs allocations diminuaient. Cette expérience présenterait un autre avantage et pas des moindres, l’État ferait des économies. Mais les socialistes ne connaissent malheureusement pas ce mot-là !

Quelques questions à Poutine

L’exercice en direct a duré 3 heures et 57 minutes, le 16 avril, sur toutes les chaînes publiques. Les téléspectateurs russes ont pu poser 74 questions à Vladimir Poutine. Cet exercice de démocratie télévisée était d’abord destiné à ses compatriotes. Il fallait les rassurer sur les sanctions internationales, « purement politiques » : « Les experts voient que le plus dur est passé… Les contre-sanctions doivent contribuer à évincer les produits étrangers de nos étals au profit de nos produits nationaux. » En butte aux critiques, Poutine reconnaît que 20 à 30 % seulement de son programme a été appliqué, mais il rappelle que l’inflation a été réduite et le rouble stabilisé : « Vous proposez de réduire les dépenses et les revenus de la population, alors que pour mener une politique efficace, il faut avoir du coeur et pas seulement une tête, sinon nous retournerions aux erreurs du début des années 1990. » Ce rappel aux années noires — la période Eltsine — fait mouche auprès des “gens ordinaires”, son électorat. Les Russes savent ce qu’ils doivent à Poutine, à quoi ils ont échappé grâce à sa politique autoritaire. Pour eux aussi, il joue la franchise, après avoir baissé de 10 % son traitement de président et publié le montant de ses revenus : 139 879 euros en 2014. C’est confortable mais pas mirobolant pour celui que le magazine Time présente comme « l’homme politique le plus influent du monde ». C’est très peu pour l’“homme le plus riche du monde”, selon certains lobbys américains, qui estiment sa fortune personnelle à 175 milliards d’euros — plus de deux fois celle de Bill Gates ! En Russie, le “richissime Poutine” possède un appartement de 77 mètres carrés, un terrain de 1 500 mètres carrés, trois voitures et une remorque Skif. Adressé aux Européens, le ton de son message sur l’Ukraine est aussi à l’apaisement : « Il n’y aura pas de guerre entre les Russes et les Ukrainiens, qui forment un seul peuple. » Pas d’avis de tempête non plus avec la France sur les Mistral, toujours immobilisés à Saint-Nazaire : « Nous ne voulons pas exiger d’amendes, mais les sommes dépensées doivent être remboursées. » Cette modération laisse à François Hollande toute latitude pour prendre sa décision, le moment venu, “quand les circonstances le permettront”.